Lorsque j’échange avec des dirigeants de PME sur leur vision stratégique, j’ai la plupart du temps la même réponse :

« J’ai déjà beaucoup de mal à gérer toutes les affaires courantes et à dire où j’en serai dans 6 mois alors imaginez à 3/5 ans ».

Malgré tout le respect que j’ai pour les dirigeants, je me dois de dire que cette analyse est inexacte et reflète d’abord et avant tout une méconnaissance de ce qu’est un exercice de projection.

Se projeter est un parti pris managérial afin d’être porteur de sens. Ce n’est pas un engagement opérationnel.

Sans projection portée par le dirigeant au plus profond de ses tripes, difficile :

• De permettre à ses équipes de voir où il veut les en-mener et de leur donner du sens
• De donner des repères à ses partenaires financiers
• De trouver de la ressource dans les moments difficiles (et personne n’y échappe)
• D’être clairvoyant sur sa capacité à garantir l’avenir
• De déterminer si ses choix actuels sont bons ou non pour l’avenir

Sans projection définie et qui plus est formalisée, il est impossible :

• D’avoir un cap
• D’effectuer une quantification globale
• De définir les orientations stratégiques sur lesquels il souhaite s’engager
• De faire des arbitrages sur ses investissements futurs
• De réaliser un business plan
• Et finalement, de proposer une feuille de route cohérente et efficace année après année à ses collaborateurs.

C’est ainsi que sans projection, l’on reproduit année après année les même modes organisationnels et que l’on avance dans le meilleur des cas au gré d’opportunités quand ce n’est pas par contrainte.

A l’inverse en consacrant un peu de temps à se projeter, le dirigeant s’ouvre des espaces insoupçonnés en termes de motivation d’équipe, de cohérence de prise de décision et d’atteinte de résultats.

Par Stéphane Touati, directeur de l’agence Bras Droit des Dirigeants Bordeaux Rive Gauche