L'entretien professionnel évolue. À compter du 1er octobre 2026, toutes les entreprises devront appliquer les nouvelles règles de l'Entretien de Parcours Professionnel (EPP). Plus qu'un simple changement de nom, cette réforme modifie en profondeur la manière d'accompagner les collaborateurs tout au long de leur carrière. Pour les dirigeants de TPE et PME, il est essentiel d'anticiper ces évolutions afin de rester en conformité tout en faisant de cette obligation un véritable levier de performance RH.

 

Une réforme qui dépasse le simple cadre réglementaire

Créé en remplacement de l'entretien professionnel, l'Entretien de Parcours Professionnel (EPP) s'inscrit dans une volonté de renforcer le suivi des carrières et l'employabilité des salariés.

L'objectif est clair : transformer un rendez-vous parfois perçu comme administratif en un véritable outil de dialogue, de développement des compétences et d'anticipation des évolutions professionnelles.

Cette réforme concerne l'ensemble des employeurs, quelle que soit la taille de leur entreprise, ainsi que tous les salariés, sans condition d'ancienneté.

Ce qui change concrètement

La réforme introduit plusieurs évolutions majeures.

Un nouveau calendrier : le cycle 1-4-8

Le rythme des entretiens évolue désormais selon une nouvelle logique :

  • un premier entretien dans l'année suivant l'embauche ;
  • un entretien tous les 4 ans ;
  • un bilan récapitulatif tous les 8 ans.

Deux nouveaux rendez-vous deviennent également obligatoires :

  • un entretien de mi-carrière, organisé autour de 45 ans après la visite médicale ;
  • un entretien de fin de carrière, réalisé dans les deux années précédant les 60 ans du salarié.

Un contenu désormais encadré

L'EPP ne peut plus être mené de manière informelle.

Chaque entretien devra obligatoirement aborder cinq thématiques :

  • les compétences et qualifications du salarié ;
  • son parcours et ses perspectives d'évolution ;
  • ses besoins en formation ;
  • ses souhaits d'évolution professionnelle ;
  • l'utilisation du CPF et le recours au Conseil en Évolution Professionnelle (CEP).

Un point essentiel : contrairement à l'entretien annuel d'évaluation, l'EPP ne vise pas à évaluer les performances du collaborateur. Il s'agit exclusivement d'un échange consacré à son évolution professionnelle.

Pourquoi cette réforme est une opportunité pour les TPE et PME

Au-delà de l'obligation légale, l'EPP constitue un véritable outil de pilotage.

Bien préparé, il permet notamment de :

  • anticiper les départs et organiser la transmission des compétences ;
  • identifier les besoins en formation ;
  • fidéliser les collaborateurs ;
  • améliorer le dialogue social ;
  • renforcer l'attractivité de l'entreprise.

Pour les petites structures, où chaque collaborateur joue un rôle clé, cette anticipation devient un véritable facteur de performance.

Les risques en cas de non-conformité

Comme toute obligation RH, le non-respect de l'EPP peut entraîner des conséquences importantes.

La réforme rappelle notamment :

  • l'obligation de tracer chaque entretien ;
  • la remise d'un compte rendu écrit au salarié ;
  • la conservation des documents ;
  • la réalisation du bilan récapitulatif tous les huit ans.

Pour les entreprises de 50 salariés et plus, le non-respect des obligations peut entraîner un abondement correctif de 3 000 € sur le CPF du salarié concerné. Au-delà de cet aspect financier, l'entreprise s'expose également à des risques prud'homaux.

Les bonnes pratiques pour anticiper dès aujourd'hui

Pour préparer sereinement cette évolution, plusieurs actions peuvent être engagées :

  • identifier les salariés concernés par les nouvelles échéances ;
  • mettre à jour les trames d'entretien ;
  • former les managers ;
  • planifier les futurs entretiens ;
  • mettre en place un système de suivi et d'archivage fiable.

Une préparation en amont permet non seulement de sécuriser l'entreprise, mais aussi de donner davantage de valeur aux échanges avec les collaborateurs.

Le DRH externalisé, un partenaire pour sécuriser la démarche

Toutes les TPE et PME ne disposent pas d'un service RH structuré.

Un DRH externalisé peut accompagner le dirigeant dans :

  • la mise en conformité avec la réforme ;
  • la création des nouveaux outils d'entretien ;
  • la formation des managers ;
  • le pilotage du calendrier RH ;
  • le suivi réglementaire.

L'objectif est simple : transformer une obligation réglementaire en véritable levier de développement des compétences et de performance durable.

En conclusion

À partir du 1er octobre 2026, l'Entretien de Parcours Professionnel devient un rendez-vous incontournable pour toutes les entreprises.

Bien plus qu'une évolution réglementaire, cette réforme invite les dirigeants à mieux accompagner les parcours professionnels, anticiper les besoins en compétences et renforcer leur politique RH.

Pour les TPE et PME, c'est l'occasion de faire de la gestion des talents un véritable levier de compétitivité et d'attractivité.

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